NICOLAS COSTIERE

L’origine du trait

Photo de Nicolas Costiere

Artiste originaire de Nice, il a grandi dans un environnement où les émotions ne trouvaient pas vraiment leur place. Avec un père autoritaire et une mère plus en retrait, on apprenait surtout à se contenir. On ne disait pas vraiment ce qu’on ressentait. On gardait les choses pour soi.


Très tôt, il a compris que le dessin pouvait devenir un espace à lui. Un endroit pour déposer ce qu’il ne savait pas formuler. Quand les émotions devenaient trop fortes, il dessinait. Pas pour faire joli, pas pour montrer, mais pour tenir.


Avec le temps, ce geste est devenu un point d’ancrage. Chaque fois qu’il s’est senti vaciller, il y est revenu. Presque instinctivement. Comme un mouvement de survie. Le trait devenait une structure quand tout le reste semblait fragile.

Le cœur s’est imposé sans calcul. Pas comme un symbole appris, mais comme une évidence. Parce que c’est là que tout se passe. Là que ça fait mal, là que ça bat plus vite, là que ça se serre. Le dessiner, le redessiner, le transformer, c’est une manière d’apaiser ce qui cogne à l’intérieur.

Chaque cœur est une réparation discrète. Rien de spectaculaire. Juste un moyen d’avancer, un trait après l’autre.